avec Jérôme FERRARI
Jérôme Ferrari : Cosmoz de Claro (Actes sud) et lecture d'un texte de Vassili Grossman
Maryline Taddei Silvagnoli : M. Houellebecq "La carte et le territoire"
Nathalie : le renouveau romanesque anglais avec V. Woolf
Barbara Filippi : "David Copperfield" de C. Dickens
Bénédicte : Médée d'Euripide, l'histoire d'une héroïne tragique si moderne !
Sébastien Quenot : " " de Mathias Enard
Pierre-Louis Pompanon : La Bible
A X Albertini : Reiser (BD)
Ivana : approche de l'oeuvre de J. Ferrari
Cap au nord !
En l'occurrence la commune de Sisco, dans le Cap Corse. Plus précisément, dans la "Maison Ramelli", hameau de Chjosu. C'était le choix de Musanostra pour ce premier Café Littéraire de l'année, ce jeudi 6 janvier.Un Café Littéraire exceptionnel à plus d'un titre.
Tout d'abord par la présence d'un invité de marque en la personne du Prix Roman France Télévisions 2010, Jérôme Ferrari, pour le poignant "Où j'ai laissé mon âme", un livre bouleversant sur les ambiguités de l'homme sur fond de guerre d'Algérie. Outre ses qualités indéniables d'écrivain talentueux, l'auteur affiche une simplicité qui a eu pour effet de mettre les très nombreux participants à leur aise. Les réponses aux nombreuses questions étaient empreintes de modestie et révélaient une grande ouverture d'esprit. Le jeune lauréat a fait preuve de beaucoup d'humilité et non moins de sagesse devant un auditoire tout à sa cause. Il a aussi démontré qu'il ne manquait pas d'humour, moyen d'expression permettant une meilleure compréhension ou mémorisation des propos.
Ce soir-là, l'auteur a joué le rôle du présentateur en donnant une critique subjective de deux livres, ce qui a semblé être un élément dopant pour les participants qui se sont surpassés. On a donc assisté à une myriade de présentations de qualité, aussi bien sur la forme que sur le fond.
Ensuite, un Café Littéraire exceptionnel aussi par son côté collégial et culinaire puisque on dénombrait plus de cinquante participants, chiffre qui aurait pu presque doubler si l'on n'avait pas pris la précaution de limiter les places.
A l'issue de la première partie "littéraire", débuta un repas de mets traditionnels non moins délicieux. Une soupe corse dont la maitresse des lieux a le secret; du figatellu de nos montagnes cuit au feu de cheminée; de la pulenta; des fromages du pays; de la confiture maison; des desserts locaux...le tout, bien entendu arrosé de vins pétillants de saveur..
Enfin, et ce n'est pas la moindre des titres, un Café Littéraire insolite par la beauté et l'originalité des lieux à l'histoire incomparable. La batisse se trouve à Sisco, au nord de Bastia ; comptez une trentaine de minutes pour vous y rendre...
Sisco est la commune du Cap Corse qui compte le plus de hameaux. Dix-huit au total. Jusqu'au 19ème siècle elle vivait principalement de viticulture, et d'artisanat grâce notamment à la proximité de l'eau, omniprésente dans la région. 8 ponts et 22 moulins en témoignent. Le lieu-dit "a Ferrera" dénote la présence d'orfèvres qui se signalent dès le XVIe siècle. Cette réputation d'excellence dans le domaine de la forge fait dire au chroniqueur Filippini qu'on croit voir à Sisco "les forges de Vulcain".
Au début du 19e siècle, la commune connait un très fort exode vers Porto Rico , Saint domingue et le Venezuela. Certains émigrés y reviennent fortune faite et font construire, entre 1840 et 1900, quelques unes des maisons du Cap (familles Battistini, Gaspari, Padovani, Paralitici, Santoni, Tomasini, Vivoni...) ainsi que d'imposants tombeaux. Les "américains" participent et financent les nombreux travauxqui jalonnent le 19e siècle (églises, clocher, fontaines, cimetière...).
La "maison Ramelli", lieu de notre Café Littéraire, est une maison d' Américains de 1000m² sur trois étages et un niveau de combles. On y accède en quittant la route nationale à Sisco marine et en serpentant la vallée aux décors magnifiques, après 4 km de route sinueuse.
Côté ouest de la demeure, un porche formé de 4 colonnes à chapiteaux doriques précède la porte d'entrée.La balustrade supérieure est est en pierre de taille.La maison est implantée au milieu d'un vaste parc d'1 ha arboré, planté de cèdres, marronniers, lauriers ou autres plaqueminiers. Des peintures murales ornent les murs du porche ainsi que les plafonds de certaines pièces. Ainsi, on peut admirer entre autre les symbôles des arts, des sciences, de l'industrie et de l'agriculture dans l'ancien bureau du maître de maison, l'influent franc-maçon Santos Gaspari. C'est à l'initiative de Simon Giovanni Gaspari, installé au Venezuela depuis 1827 que fut construite cette nouvelle maison, "plus moderne et plus confortable", non loin de l'ancienne demeure familiale. Le choix de l'entrepreneur est laissé à son frère Giovan Stefano, resté en Corse. Son autre frère, Santo, également au Venezuela, prend part à la construction et les travaux sont effectués de 1842 à 1859.
Après une carrière de médecin et d'homme politique (député puis gouverneur), Santo, décide alors de s'installer en Corse. A la fin du 19e siècle, Louis Ramelli, marié à la nièce des frères Gaspari, fait construire le bâtiment annexe., actuellement la cuisine.
Aujourd'hui, la "maison Ramelli", patronnée par Rose Marie Carrega,est le siège d'importantes manifestations culturelles. Elle peut être visitée tous les jours par des amateurs d'arts. Chaque pièce est dotée de tableaux admirables, scuptures, portraits anciens, bibelots de toute sorte...Un véritable écrin pour les manifestations culturelles !
Billet de Raymond MeiInterview de Jérôme Ferrari, musanostra

J. Ferrari : Cosmoz de Claro (Actes sud)
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Bénédicte : Médée d'Euripide.
Ivana Polisini-Mattei
Tragique, temps et mémoire chez Jérôme Ferrari.
Parler de l'œuvre d'un auteur est toujours difficile : peur de se tromper, peur de se livrer à travers des interprétations forcement personnelles et subjectives. Mais le faire en sa présence est tout simplement terrifiant …Mais bon….
Je commencerai par dire que la littérature pour moi, ouvre des horizons et interroge le réel à travers 3 prismes
-celui de l'universalité, constitué de ce qu'on pourrait appeler le lot commun à tous les hommes confrontés aux questions fondamentales : comment vivre? Comment mourir? Auxquelles on ajoutera l'amour et le pouvoir.
-celui de l'individu qui écrit, l'écrivain, qui porte notre humaine condition à travers sa propre sensibilité
-et enfin le troisième, c'est celui du lecteur, vous, moi, qui en lisant l'œuvre la réécrit en fonction de sa propre humanité et rencontre ainsi l'humanité de l'autre "ni tout à fait un autre ni tout à fait lui-même".
Il est l'autre, il est lui et il est moi.
Partant de ma propre lecture d'une œuvre, j'ai essayé, modestement, de reconstruire, sans les épuiser, les champs que les textes de J.Ferrari m'avaient ouverts.
En premier lieu je partirai d'une question qui l'agace et qu'on lui a souvent posée: "êtes-vous un écrivain corse ?
La question n'est pas franchement innocente et il faut la replacer dans le débat littéraire .Par corse, on veut dire régionaliste et donc local, ce qui est forcément réducteur. C'est aussi une autre façon de lui demander s'il est porteur d'une revendication identitaire. Bref, on lui cherche des étiquettes et on le somme de choisir .Mais choisir c'est quelque part, renoncer et peut-être s'amputer.
Ce à quoi il se refuse,.C'est pourquoi il répond souvent qu'il écrit, comme beaucoup d'écrivains, d'abord pour lui. . Lui, qui vit, respire et sent "ici et maintenant", dans ce territoire, suintant de tous les espoirs et de toutes les haines qui nous secrètent et nous portent chaque jour. Et ses préoccupations, ses angoisses sont souvent les mêmes que les nôtres, qui vivons ici, en même temps que lui : prégnance de la guerre d'Algérie dans son dernier roman, "où j'ai laissé mon Ame)(2010) ,guerre entre nationalistes dans" Balco Atlantico"(2008), retour en terre de corse après une expérience calamiteuse à Paris pour Antoine, personnage de "Dans le secret"(2007)
On pourrait multiplier les exemples qui montrent que la Corse irrigue profondément ses romans .Elle n'est ni un prétexte ni une façon d'apporter une couleur locale ou pittoresque, ce qui est souvent le cas dans ce que l'histoire littéraire appelle régionalisme.
Autre champs ouvert, l'univers tragique de ses romans.
-au niveau de ses personnages d'abord. Il est frappant de constater qu'ils sont tous profondément seuls, sans cesse (et jusqu'à l'épuisement) tiraillés entre des aspirations contradictoires: pureté et animalité, innocence et culpabilité.
Ce que Baudelaire, en d'autres temps, appelait la tragédie de l'homme double, créature déchue et objet d'un perpétuel conflit entre le ciel et l'enfer. "Il y a dans tout homme, à toute heure, deux postulations simultanées, l'une vers Dieu, l'autre vers Satan. L'invocation vers Dieu ou spiritualité est un désir de monter en grade; celle de Satan ou animalité est une joie de descendre " .Pour Jérôme Ferrari, la posture est plus métaphysique, que religieuse et elle écrase les êtres dans une sorte de mélancolie tragique tantôt poétique tantôt philosophique dont ils n'arrivent pas à sortir .Ils ont la tête vers les étoiles mais un boulet les cloue au sol, comme englués… Peut être parce que comme le disait Pascal, à vouloir trop faire l'ange on finit par faire la bête.
On pense bien sur au titre même d'une de ses œuvres: "un dieu, un animal".
On pense aussi au héros de" Balco atlantico", Campana, le militant pur et dur qui ne peut vivre sa relation avec la femme-enfant qu'il aime que de façon fantasmée platonique ou perverse.
De là à dire à dire que c'est la condition tragique de l'homme sans dieu, il n'y a qu'un pas, que je ne franchirai pas, mais quand même…
.Ce que l'on peut affirmer c'est que l'ombre de Dieu plane.
Elle pointe à travers les références constantes à la Bible et aux Evangiles: réf à Matthieu dans "Dans le secret", Genèse, IV, 10 p..28 " Où j'ai laissé.."
Elle s'insinue dans la récurrence des images de martyrs (Un dieu, un animal") ou de personnages imprégnés de religiosité(Degorce ).
Elle prend souvent la forme d'une faute, d'un péché originel, dont les hommes, même inconsciemment seraient comptables : "Ne pouvoir se passer de Dieu et être incapable d'y croire a quelque chose d'atroce "p.3I" et un peu plus loin.."Nous sommes dépositaires des œuvres de nos pères; et aussi de leurs péchés " p.43"Dans le secret" .Mais il y a aussi du Bosch dans la peinture crue et sans travestissement des corps et des chairs (voir le rêve de fossoyeur dans le début du même roman.
Comment pourrait-il en être autrement dans une société, qui sans être religieuse, reste profondément judéo-chrétienne?
Mais j'y vois aussi une aspiration au Sacré qui est l'une des formes de la beauté.
Ce qui frappe dans ses récits c'est certes la tragédie de l'homme double, mais l'atmosphère tragique provient aussi de l'absurdité d'existences privées de sens .On songe à Camus.
Le personnage du Capitaine Dégorce, par exemple, dans "Où j'ai laissé mon âme" avait été durant la seconde guerre mondiale un héros de la résistance dans sa lutte contre les nazis .Or, transplanté dans un autre contexte, la guerre d'Algérie, il devient lui-même le bourreau .Lui qui avait été torturé, torture à son tour .Cela ressemble fort à ce que l'on appelle l'ironie du sort ou l'ironie tragique .
Ne dit il pas, lui-même quand il veut faire parler le jeune militant communiste Clément," il n'y a pas que le physique…trouvez la clé…il y a toujours une clé.." p.83.Il y a là un certain raffinement dans la torture que G.Orwell mettait déjà en scène dans 1984. Un retour du refoulé en quelque sorte puisque ce jeune militant naïf ressemblait furieusement à ce que lui-même avait été, en 1945….un reproche vivant...un double de ce qu'il fut… une mauvaise conscience …qu'il fallait punir d'être, ce qu'il n'était plus…
Est ce à dire que l'histoire ne nous apprend rien et que toutes les valeurs, courage, patriotisme, fierté, humanisme, sont relatives et bien faibles face à certaines situations paroxystiques, telle la guerre ?
Degorce, le chrétien, s'empêtre dans ses contradictions morales et son sentiment de culpabilité ne débouche que sur des gesticulations de mots, et des états d'âme qui tournent à vide. Il a du respect pour le chef du FLN Tahar, il réprouve la pratique de la torture mais l'accepte finalement. On songe à Clamence,le personnage d'Albert Camus dans "La Chute "qui dit" Nous sommes à peu près en toute chose " et qui n'arrive pas à faire le deuil d'une lâcheté ancienne où il avait assisté au suicide d'une jeune femme, trop lâche ou trop léger pour réagir .
Denier champs ouvert: le temps, la mémoire. Ces thèmes jalonnent toute la littérature mais ils deviennent originaux sous la plume de J.F. qui les conjugue dans sa narration dans un rythme souvent ternaire.
Dans BA trois époques qui s'entrelacent et forment boucle. L'auteur recompose le temps en cercles concentriques : 2000 au début (date de l'assassinat de Stéphane Campana) et 2000 à la fin, puis , les années 1985-1991(l'assassinat des deux tunisiens) et enfin enserrées comme enfermées, les années 91 à 96 (la lutte entre nationalistes).C'est dans ce parcours morcelé de la mémoire que s'inscrit la recherche de la vérité sur la mort de Stéphane Campana, un responsable nationaliste .
Dans " Où j'ai laissé mon âme " trois époques s'entrelacent .Encore. Tout d'abord 1957 et la guerre d'Indochine, où Andréani et Degorce s'étaient connus.Ensuite, la guerre d'Algérie pendant laquelle Tahar est torturé puis pendu, sur une durée resserrée de 3 jours pendant laquelle se noue véritablement la crise, celle au cours de laquelle, Degorge a "laissé son âme". Enfin le procès, en 1961, qu'Andréani considère comme une renonciation, un abandon et une trahison.
On retrouve le même emboitement d'époques dans "Dans le secret" où le présent télescope le passé : 1742, (p.43) ,1888(p.93)1959.p. (149).,
Cet entrelacement du temps et de la mémoire figure sans doute la complexité des êtres qui se font et se défont, se construisent et se déconstruisent, face à la réalité.Il permet aussi de lier le factuel et l'universel, l'individuel et le collectif. C'est, pour moi, un sens qui se construit et la narration morcelée met un ordre dans le désordre .Elle fait émerger une vérité.
Mais tout n'est pas tragique .Il y a aussi du Baroque chez J.Ferrari et certaines pages sont d'un lyrisme lumineux, au sens propre et au sens figuré, 'empreintes même de rédemption ou d'espoir, c'est au choix, comme si peu à peu l'angoisse s'apaisait.(lire par ex.les dernières pages de "Dans un secret"). C'est toute la force d'un style qui s'envole entre prose et poésie, entre littérature et philosophie. Je m'arrêterai là, soucieuse de ne pas verser dans un panégyrique qui finirait par mettre notre auteur bien mal à l'aise (il commence à se tortiller sur sa chaise…)
Ivana Polisini-Mattei .6/01/2011.


Barbara Filippi : "David Copperfield" de C. Dickens



Anne Xavier Albertini : Reiser (BD)



Nathalie Malpelli :
biographie de Virginia Woolf par Alexandra Lemasson
A l’occasion de la lecture de la biographie de Virginia Woolf écrite par Alexandra Lemasson publiée chez Folio biographies, j’ai redécouvert cette romancière hors norme. Très réticente à l’idée de lire une biographie, j’ai été rapidement captivée par la vie de cette auteure. Elle naît en 1882 et elle est la troisième fille de Julia et Leslie Stephen. Elle subit à l’âge de six ans les sévices sexuels de la part de son demi-frère alors âgé de 18 ans Herbert Duckworth. A treize ans elle perd sa mère bien-aimée. Elle gardera à jamais les souffrances provoquées par cette perte dont elle ne se remettra jamais. Elle subit à la même période les agressions sexuelles de son autre demi-frère Georges. C’est à cette époque qu’apparaissent les premiers symptômes de la dépression qui la hanteront durant toute son existence.
Son mariage avec Léonard Woolf va au-delà de la simple union puisque son époux sera son plus fidèle lecteur mais aussi la personne qui veillera consciencieusement sur elle. Union très particulière mais qui permettra à Virginia de s’épanouir au niveau littéraire. Avec Léonard, elle monte une maison d’édition ce qui l’assure d’une certaine indépendance. En 1917, le couple refuse le manuscrit d’Ulysse de James Joyce. Voici ce qu’elle en dit dans son journal : « C’est un livre inculte et grossier, le livre d’une manœuvre autodidacte et nous savons combien ces gens sont déprimants ! Egoïstes, insistants, rudimentaires, stupéfiants et pour finir dégoûtants ». Le jugement est sévère mais il révèle en même temps l’intérêt qu’il a éveillé chez la romancière car oui l’entreprise de Joyce l’interpelle car son idée est d’affranchir les canons de l’écriture romanesque. En 1922 paraît Ulysse et voici ce qu’elle écrit dans son journal : « J’ai terminé Ulysse de Joyce et je trouve que c’est un coup manqué. Le génie n’y manque pas certes mais il n’est pas de la plus belle eau. Le livre est diffus. Il est saumâtre. Il est prétentieux. Vulgaire et pas seulement au sens ordinaire mais aussi au sens littéraire ». Elle est fascinée car l’idée de raconter l’histoire d’une femme en une seule journée remonte à 1920. Joyce le réalise et elle entrevoit les possibilités qui s’offrent à elle. Elle écrit Mrs Dalloway avec ce qu’elle appelle le « procédé de sape » qui consiste à inscrire le récit du passé à l’intérieur de la journée de son personnage. Tout commence par la recherche d’un bouquet de fleurs dans Wetmister. Les pensées de l’héroïne prennent le pas sur l’action, la reléguant au second plan dans le roman. Le roman est un franc succès. Il figure incontestablement un tournant dans l’œuvre woolfienne.
Au crépuscule de sa vie, Virginia Woolf réfléchit à une entreprise littéraire nouvelle chez elle : raconter l’histoire d’une famille sur trois générations. Dans son journal elle explique qu’elle veut mêler habilement temps intérieur et extérieur. Une gageure ! Le livre suscite les plus grands doutes et les plus vives souffrances (comme c’est toujours le cas chez elle !). Pour la première fois, à la lecture du roman Léonard Woolf est dubitatif et peu enthousiaste. Le roman est un grand succès. Ce qui intéressant dans Les Années c’est que finalement on apprend peu de choses mais c’est une traversée des émotions tout à fait riche et variée. On suit les Pargiter de 1880 à 1936 à travers les points de vue intérieurs des personnages. Les années est un grand roman.
En 1941, épuisée et découragée elle se suicide en laissant deux lettres : une à Léonard son époux et l’autre à Vanessa sa sœur. Elle laisse derrière elle une œuvre abondante et novatrice qui fait d’elle une des plus grande romancière anglaise.




Maryline Taddei Silvagnoli : M. Houellebecq "La carte et le territoire"




Sébastien Quenot : " Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants" de Mathias Enard







Rose-Marie Carrega,



























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