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Café littéraire
Villa Ramelli
lieu dit Chjosu
Siscu
Samedi 28 janvier 2012
14H
Le thème "le roman, les nouvelles" :
Grégoire Delacourt,
Le roman, les nouvelles, tout ce qui relève de l’écriture fictionnelle…C’est à cela que nous avons décidé de consacrer le café littéraire de janvier 2012 ; il se devait d‘être particulier, exceptionnel, car il est le moment de la remise du prix annuel Musanostra textes courts ! Pour cette 4e édition, aucun des lauréats n’était présent et ils nous ont demandé de les excuser ! Le Brésil, c’est loin, et de la campagne bretonne, ce n’est pas franchement plus facile de gagner la Corse ! Donc, on comprend…On a lu l’essentiel du courrier envoyé par François Aussannaire, gêné de ne pas être présent ! Lire son message, cliquez ici
Chacun recevra un chèque de 250 euro sous trois jours et leurs textes sont en ligne dans la rubrique « concours » ainsi que ceux d’autres candidats . Pour les lire, cliquez ici. Pour la nouvelle édition (2012) nous ne tarderons pas à choisir le thème ! Soyez vigilants, donc !
Ce café littéraire donc spécial, pour qu’il reste dans nos mémoires, il fallait qu’il soit dynamique, animé par la proximité d’auteurs de romans, justement, et qu’on s’échange des titres de romans qu’on aime, et que cela nous donne à rêver, à chercher…Comme nous avions beaucoup aimé le livre de Grégoire Delacourt « L’écrivain de la famille », qu’il nous avait adressé un mot gentil et qu’il paraissait et accessible et généreux, nous lui avons tout d’abord demandé d’être membre du jury Musanostra, puis (car quand on nous donne le doigt on prend la main !) de venir nous retrouver –même pour quelques pauvres heures- à cette occasion ! Nous avons été épatés qu’il réponde oui et sa décision prise et formulée, il n’a plus hésité ! Nous avons invité d’autres auteurs de romans qui nous ont rejoints dans la superbe villa Gaspari Ramelli à Siscu : Rose-Marie Carrega a donc eu ce jour-là à sa table, outre Grégoire Delacourt, Marie-Hélène Ferrari, Marie Casanova, Marc Bonnant… Des styles tout à fait différents, des lectures différentes aussi : nous avons passé un excellent moment, nous avons ri en entendant auteurs et titres (oui, ça peut être drôle !), en ayant à nouveau envie de découvrir et de redécouvrir ! Grégoire Delacourt avait apporté un petit livre paru chez NIL , de Diane Broeckhoven, Une journée avec Monsieur Jules. C’est son coup de cœur ! Pour Marie-Hélène Ferrari , il s’agira d’un questionnement sur l’indicible et son traitement dans certains romans ; elle pense notamment aux « Bienveillantes »…Bénédicte Savelli à partir d’un constat sur le roman, ses genres et ses prétendus sous genres, en est venue à éclairer un rapport entre 1984 et « La route » de Cormac Mac Carthy ; Ivana Polisini a cherché en quoi Grégoire Delacourt était aussi un peu Edouard, le personnage de l’écrivain de la famille et Nathalie Malpelli avait apporté un livre, le dernier de FO Gisebert (qu’elle appelle FOG) , un bon peu de Sagan en « Bouquin », cette belle collection souple et plantureuse, comme inventée pour lire partout, à la plage, en train ! Sagan qui n’est pas à sa juste place sans doute au Panthéon des écrivains ; et pourtant…quelle capacité à nous séduire ! Marc Bonnant a apporté son exemplaire de « Malpertuis « de Jean Ray ! Ah, là, c’est un peu mythique, d’ailleurs totalement épuisé en librairie ! Et Grégoire Delacourt m’a offert un exemplaire dédicacé de son livre et j’en ai été ravie et c’est une histoire magnifique que j’ai gobée en quelques heures ! Une merveille, « La liste de mes envies » !
Marc Bonnant a publié « Cunsigliu » (le conseil)
Marie Casanova est l’auteure de « Et l’odeur des narcisses »
Marie-hélène Ferrari vient d’ajouter à la longue liste de ses publications
« La honte en héritage »
Et Grégoire Delacourt est l’auteur de -L’écrivain de la famille et de
-La liste de mes envies

L'hôtesse sait recevoir ; plusieurs tables avaient été dressées pour recevoir confortablement les convives.

Marie-Hélène Ferrari et son époux

Marie et l'un de ses amis ; sur la table produits nustrali (Torta, pulenta, ficatellu, brocciu, vinu...)


Raymond et Grégoire !

Il ne faut pas trop nous en conter ! Ce qu'il y a dans nos verres et assiettes nous intéresse également !


Marc Bonnant

Yvonne , Marie Pierre


La table de Grégoire Delacourt avec Marc, Pascal, et Michèle, Monique, Marie-Do, sa soeur, Ivana, Thérèse, Nathalie, Bénédicte...




Une autre table bien chaleureuse ! Mais ils sont à la grenadine !

Nous sommes dans la salle du café littéraire ; beaucoup de monde ! Sur cette photo, dommage, on ne voit pas Marie Casanova, placée tout à fait à droite



Bons souvenirs, on s'est amusé !

Lecture de la lettre de F. Aussanaire, l'un des lauréats ; avec ses bons voeux en breton !
Marie Héléne Ferrari auteure présente son dernier ouvrage
"La honte en Héritage"


Bénédicte Savelli, finesse et érudition ! Comment 1984 lui a donné le goût du crime littéraire !

Ivana : "Allons Grégoire Delcourt, Edouard, c'est un autre vous,plus sombre, non ? -j'ai écrit un roman, répond-il !"
L'écrivain de la famille Grégoire Delacourt
Éditions JC lattés paru en 2011.Le récit commence en1970 et s'achève dans les années 90 .Trente années qui disent l'histoire d'Edouard, de sa famille et de son époque.
L époque d'abord .C'est la fin des 3 Glorieuses. Mai 68 comme un chant du cygne s'éteint doucement."Sous les pavés la plage" disaient les manifestants mais les années 70, c'est le début de la fin … Aux soubresauts de la croissance et de la consommation, correspond le désenchantement de la vie. Tout va vite, on croule sous les biens matériels. D.S à injection et nuages de cigarettes, musique et sexe triste. Publicité aussi .Qu'on retrouve dans l'image finale, de "la fille assise sur la voiture " Comme un clin d'œil… pour le prochain roman peut être ? Pas un traité de sociologie mais une époque palpable, suggérée et un mal être diffus et rampant .Générationnel ?
La famille .Elle vit à Valenciennes dans le Nord de la France (comme Grégoire Delacourt …) .Le père, un commerçant .Il s efforce de résister à la pression de la distribution après un retour d'Algérie calamiteux .La mère : elle fume beaucoup et elle s'ennuie. Elle élève 3 enfants. Le jeune frère : la légèreté d'un innocent : il parle très peu. La sœur: elle rêve au prince charmant .Une famille banale en somme où on s’aime mais où on ne réussit pas à trouver les mots pour le dire. Comme dans beaucoup de familles .Elle sera confrontée à des drames ordinaires : des divorces, des rencontres ratées des échecs, ou des rêves brisés. Les choses de la vie en somme .Ils aimeraient déployer leurs ailes mais sont plaques au sol .Direct . Désillusion .Déprime .Et au milieu de tout cela, Edouard. C'est le narrateur. Quand le récit commence il a 7 ans .Il écrit quelques vers de mirliton (voir le début du récit :à mourir de rire! ), qu'il commet un peu vite. On s'extasie, on verse quelques larmes et le voilà subitement chargé de devenir le héraut de la famille. On lui décrète un don, une vocation et un avenir .Dans un milieu où on ne parle pas le voilà chargé de mission !! .un rôle qui fait penser à bien des égards à Poulou, le jeune Sartre des "Mots" qui explique l’origine de sa vocation d'écrivain .Edouard éprouve la même difficulté à être lui-même et à s'assumer. Il se laisse porter et on décide pour lui .Il se laisse aimer par Monique et finit par se laisser épouser. Ce n'est pas très glorieux mais au fond il s'en accommode, par paresse, par mauvaise foi, dirait Sartre. " Comment jouer un rôle sans savoir qu'on le joue" ? Et puis, enfin un acte fondateur, salvateur comme une nouvelle naissance : l’écriture du roman. Trente ans pour trouver les mots et enfin écrire l'histoire de sa vie et celle de sa famille. "Laisse les choses s'écrire "lui disait son père.
Et puis enfin le style léger, marqué par une l'ironie, et une 'autodérision en suprême élégance de la douleur, drôlerie des jeux de mots et références à la publicité, qui a longtemps joué comme ersatz de l'écriture (que dire du jeu de mot sur Monique!!!!!) .Et la tendresse toujours, qui pointe, tapie derrière les surnoms comme Dumbo,grandes oreilles ,son père) ,ou les scènes pleines de délicatesse d'une femme vieillissante arrangeant une mèche pour signer une coquetterie qui a enfin dépassé les années .
Alors autofiction ? L'auteur récuse l’appellation. Mais au fond, qu'importe ? ce qu'on garde c est cette tendresse justement pour une humanité grotesque parfois mais toujours émouvante.27/01/2012 Ivana Polisini-Mattei.

Grégoire Delacourt : écrire, le roman...refaire un livre après un succès

Marie-Do a aimé "Les bienveillantes"


Une charmante participante qui a contribué à faciliter toute la rencontre...

Ange Antonetti a lu une nouvelle de P Lieutaud

Une participante de premier ordre, attentive, sympathique !

Marc Bonnant

Tiens il y avait aussi Lucia Memmi !
Au premier plan Marie-Paule Simonetti-Dolovici et Joséphine Casanova-Lanata Politi


Marie Casanova a présenté son roman "Et l'odeur des narcisses"


Raymond a lu "Cunsigliu" (le conseil) de Marc Bonnant et nous le recommande
Ed. L'àpart, 2011.
En préambule à la présentation de l'ouvrage de Marc Bonnant, j'ai souvenance que lors d'un CL en septembre 2011 dont le thème était « Spécial rentrée littéraire », j'avais parlé de la rentrée littéraire en Corse.
J'avais alors cité certains titres de livres susceptibles de sortir du lot, dont le livre de Marc Bonnant, Cunsigliu, bien que je ne l'aie lu qu'en diagonale à l'époque. Les bonnes critiques à son sujet et surtout la lecture complète de l'ouvrage me font dire aujourd'hui que je l'avais cité à juste titre.
Le moins que l'on puisse dire en lisant Cunsigliu, est qu'il ne vous laisse pas indifférent. A la fin de chacun des 12 chapitres on n'a qu'une envie, c'est d'entamer le suivant au plus tôt.
Censé être un roman historique, puisque sa toile de fond est le territoire Corse au milieu du 20e siècle, (même si les villes ont changé de nom), avec des événements et des personnages qui font référence à bien des épisodes de notre passé proche, il est à la fois un thriller historique sur la mafia puisque j'y ai dénombré au bas mot une vingtaine de morts violentes, (exceptée celle du protagoniste du livre), une histoire fantastique, un catalogue sur l'occupation italienne en Corse, une fable à la morale plutôt pessimiste...
Sur la forme, j'ai été séduit par le style très particulier, selon moi digne des plus grands romanciers. Un vocabulaire richissime, un propos très concis, de qualité.
Le livre raconte l'histoire d'un chef de clan, « u Sgio Chjasè Tarco », incarnation du pouvoir, qui, avec trois autres parrains, trois autres chefs de clans, tous en dehors des lois, d'abord ennemis jurés, a compris ensuite que son intérêt était la conciliation avec eux. Ainsi ce carré d'as composé di « u sgio », du « Cador », de « Cateddu » et de « purciddo » créé le Cunsigliu afin de mieux régner sur les terres locales.Tous quatre sont des patriarches de la région Sud de la Corse qui n'ont comme but suprême que l'intérêt personnel et non le développement et le bien être des employés qu'ils gouvernent.. Ils possèdent de grandes terres qu'ils voudraient encore plus grandes, donc de grands pouvoirs sur les milieux politiques rompus à leur volonté.
Le livre commence au chevet du « Sgio », ce personnage mythique, miné par la vieillesse, en train d'expirer, avec une énigme dans ses dernières paroles en fin de premier chapitre « orcum moror » (qu'on pourrait traduire par « faire attendre le dieu des enfers »), et finit comme il a commencé, avec le Sgio délivrant son secret du lazaret grâce à un mystérieux document à la symbolique très forte. lié à la découverte des Gorgones Etrusques, monstres fabuleux, enfants de divinités grecques.
L'auteur situe son récit dans le territoire corse allant de Bastia à Bonifacio en passant par l'Alta Rocca et plus précisément la région de Porto-Vecchio. Les noms des villes et régions sont fictives mais on devine parfaitement l'allusion à des endroits réels tels que Bastia (Mantinia), Porto-Vecchio (Alista), Aleria (Alalia), etc...Rappelons que la carte de la Corse Antique de Ptolémée, fait mention dans les parages de Bastia, de la ville de Mantinum. Certains la localise à l'emplacement de la ville actuelle. D'autres, à l'embouchure de l'étang. Etrange et merveilleux, fiction et réalité... s'entrecroisent dans cette oeuvre où la légende des trois Gorgones donne un sens divin à cette histoire.
J'ai été séduit par le style, par le rythme des événements qui se succèdent crescendo,par l'atmosphère chargée d'histoire, de croyances, de légendes...Mais surtout par un imaginaire fécond, nourri par un contexte historique puisque la toile de fond, ce sont les innombrables actes de violence en relation avec les problèmes économiques liées au foncier et à l'immobilier et aux différents enjeux qui peuvent en découler.
Mais Marc Bonnant ne s'est pas contenté de décrire la vie de personnages en marge de la loi pour en faire l'apologie. Le côté franchement pessimiste qui se dégage de ce livre suggère qu'il a voulu apporter un message fort, mettre en évidence que tout un chacun est pourvu d'un mauvais fond enfoui dans ses entrailles et attirer ainsi notre attention : ce fond mauvais peut se réveiller à tout moment, notamment dans un contexte particulier poussant l'instinct humain à la pire des barbaries quand les intérêts personnels sont en jeu.
A lire absolument.
Extrait :
" Le Cunsigliu...était une phalange privée, une petite coterie maffieuse initialement dénuée de tout dessein politique. Quatre hommes, tous chefs de clans, le présidaient équitablement. Avant qu'ils ne se résolurent à s'associer, ils ne partageaient aucun projet sinon celui de s'entretuer. Chacun d'eux souhaitait la mort des trois autres, l'avait envisagée ou commanditée, mais l'échec de leurs tentatives les avait persuadés de recourir à des mesures de rapprochement, jugées plus rentables."
(Ch. III, page 47)

Tiens, Alain, Victoria, Thérèse, Rosalie, Laurence, P. Lieutaud...
Ange Antonetti et Raymond Mei
Nathalie a trouvé dans "L'écrivain de la famille" ce qui fait le sel de la lecture ! Rire, réfléchir aux rouages de l'écriture, s'émouvoir...Grégoire a réussi ce tour de force !
Les libraires de "le point de rencontre" avaient préparé une table chargée de romans à ne pas manquer ! On remarque des livres de Pat Conroy, de Lovecraft, de London, Murakami, Sollers, Giesbert, Sagan et tant d'autres Et sur une seconde table, tout ce qui peut tenter les amateurs de littérature russe.
Marie Casanova
Yvonne avec l'autre flamboyante !
Dédicace de l'auteur
Thérèse , fidèle à nos rendez-vous !

